Ceramiquefacile...
Le blog des débutants en céramique
Le blog des débutants en céramique
1. Définition de l'objet à
réaliser
Ne partez pas à l'aveuglette, en vous fiant à l'inspiration du moment, mais fixez-vous un but, par exemple la réalisation d'une
forme géométrique simple -cône, cylindre etc. Vous aurez ainsi la possibilité de voir en fin de travail si vous avez atteint vos objectifs.
2. Croquis
Prenez de bonnes habitudes dès le départ. Faites un croquis de
votre forme à taille réelle.Si vous optez pour le cône, contentez-vous d'un triangle, sans arrondir la base. Ce schéma vous permettra de visualiser la forme générale
de la pièce, en particulier la largeur de sa base et sa hauteur. Pour tracer celle ci, joignez le milieu de la base et le sommet du triangle, autrement dit sa pointe.Par la suite, vous
apprendrez à doubler ou tripler les proportions, mais ceci est un autre problème!
Pour vous aider, nous avons réalisé un album, à consulter sur :
http://www.zimagez.com/galerie/Un--cone-faconne-par-pincage-5735-0.php
3. Tracé de la base
Continuons sur le cône : Divisez par deux la largeur de
base de votre triangle (exemple, base de 12cm :2=6 ) et tracez sur un papier blanc un cercle de 6 centimètres de rayon, que vous découperez.
4. Construction de la base
façonnez une plaque de terre (voir
"façonnage à la plaque dans "modelagefacile"), placez-y votre cercle de papier.Tracé. Ajoutez quelques millimètres autour - 5mm suffisent dans le cas présent - et découpez ce
nouveau cercle.
5. Début de la paroi
Les 5mm que vous avez ajoutés autour de la base
vont former le début de la paroi du cône. Repliez vers le haut pour former un petit muret de 4 mm de haut environ.
6. Premier tour
Formez une petite boulette de terre que
vous écrasez légèrement entre le pouce et l'index et posez cette sorte de petit cercle à cheval sur le muret en pinçant légèrement afin qu'il ne reste pas d'air.
Continuez avec une seconde boulette, pincée contre la première et ainsi de suite jusqu'à ce que le premier tour soit fait. Le muret a gagné en hauteur.
7. Montée de la paroi
Vous continuez ainsi, tour après tour, en veillant
à deux choses :
a - La régularité de la paroi. Ce point est crucial en céramique, quelle que soit d'ailleurs la technique. En pinçage, les doigts apprennent assez vite à "sentir "l'épaisseur, mais au début il faut vérifier constamment. et lisser intérieur et extérieur.
b. La pente de la paroi. Bien regarder le croquis et essayer de visualiser la pente des côtés. Ne pas oublier que pour rétrécir l'objet on doit resserrer les boulettes les unes contre les autres. La difficulté : respecter la hauteur que vous vous êtes fixée au départ. Le premier cône risque d'être trop bas, le second trop haut. Le troisième sera le bon.
Cet exercice un peu fastidieux est une excellente préparation avant la mise en route d'oeuvres plus ambitieuses.
La fréquentation des forums réservés à la céramique vous apprendra bien des choses...A condition toutefois que vos interlocuteurs utilisent le même vocabulaire que vous.
Et ce n'est pas toujours le cas, les auteurs d'ouvrages techniques et les professionnels choisissant des termes parfois différents pour décrire une même technique. Quelques exemples pour le façonnage :
Le vocabulaire du façonnage
1. Le façonnage au colombin : Pas de problème de
vocabulaire.
2. Le façonnage en creux
"On
part d'une boule que le pouce creuse peu à peu", disait notre professeur..
Eh bien, ce n'est pas aussi simple que ça! Certains parleront de modelage en creux, d'autre de modelage à la boule..Un troisième groupe préferera le terme de "modelage dans
la masse", surtout si l'objet est évidé à l'aide d'une mirette! Pour simplifier les choses, d'aucuns parleront de "pinçage aux doigts" en référence à la technique japonaise du
Tebineri ..A vous de choisir!
3. Le façonnage à la plaque
Les
plaques d'argile sont assemblées à consistance du cuir.D'accord. On parle alors de "technique de la plaque", de "poterie à la plaque", de "modelage à la plaque". Jusque là, celà reste
compréhensible. Mais comme le terme de "plaque" désigne aussi un objet plat, un carreau par exemple, les risques d'incompréhension augmentent !
4. Le façonnage "par
pinçage"
Surtout utilisé pour réaliser des formes irrégulières (statuettes).
On monte un début de paroi suivant une technique quelconque, et l'on vient pincer des boulettes d'argile les unes à côté des autres, à cheval sur la paroi.
Cette technique est également nommée "façonnage à la boulette", à ne pas confondre avec la technique japonaise citée en (2).
Alors, bon courage!!
Rassurez-vous, les forums en langue
anglaise ne sont pas plus simples car certains termes sont différents suivant l'origine du potier: anglais, américain, canadien ou australien.
Vous retrouverez les différentes techniques de façonnage dans la rubrique "façonnage" de ceramiquefacile. A noter en cette période de Noël : les statues de 90 cm de la crèche de Pontigny (album photo n°1), réalisées par un groupe d'amateurs sous la direction d'un sculpteur local, ont été montées en creux grâce à la technique de pinçage décrite plus haut.
Aucun problème. tout le monde parle
le même langage, le "façonnage à la bande" pouvant être considéré comme une variante du précédent.
Il ne nous serait jamais venu à l'idée de rédiger un article sur la chamotte si nous ne retrouvions pas ce terme de façon récurrente dans les mots clés qui vous conduisent à ceramiquefacile. Il faut donc croire que ce terme intrigue les débutants.
La chamotte, c'est quoi?
Tout simplement de l'argile cuite, puis broyée.
Vous pouvez en fabriquer sans
difficulté : vous réalisez de petits carrés de terre, vous biscuitez vers 980° et vous écrasez le tout avec un marteau!!!
Si vous débutez, cette poudre de biscuit pourra vous servir à créer du relief sur vos pièces. Par la suite, vous l'utiliserez comme dégraissant . La chamotte est fréquemment incluse dans
l'argile.
Plutôt que de fabriquer votre chamotte pour chamotter votre terre,le plus simple reste d'acheter ..de la terre chamottée chez les fournisseurs de
céramique. Vous remarquerez que l'on vous précise la grosseur de la chamotte incluse dans la terre (0 - 0,2mm / 0 - 1mm / 0 - 2mm etc).
Les terres chamottées s'utilisent en grande partie pour les cuissons grès ou raku. La chamotte augmente leur résistance aux chocs thermiques.
Une crèche géante
pour l'Abbatiale de Pontigny :
Le façonnage par pinçage, on dit aussi "à la boulette", n'est pas, à notre avis, une technique facile pour les débutants.
Nous la citons cependant ici car nous avons eu la chance, avec une dizaine d'autres céramistes amateurs, de la mettre en pratique pour réaliser une crèche d'une vingtaine de personnages, qui retrouve sa place chaque année dans l'Abbatiale cistercienne de Pontigny (Yonne)
La réalisation de la crèche a demandé plus de deux ans. Nous avons travaillé avec un sculpteur, qui nous a guidés tout au long de l'élaboration.
Le façonnage par pinçage, comme son nom l'indique, consiste à pincer de petites boulettes de terre à cheval sur la paroi, afin de faire monter celle-ci. C'est en utilisant cette technique que nous avons réalisé une maquette au 50ème, puis une oeuvre au double, afin d'obtenir la statue creuse de 90cm que l'on attendait.
Les sujets ont été réalisés en terre de Pontigny et cuits vers 1200°. Leur couleur flammée -c'est à dire irrégulière - est due à leur cuisson réalisée dans le four à gaz de la Tuilerie de Pontigny. Il n'y a pas eu de biscuit.
Une demi-tonne d'argile a été utilisée
pour mener à bien ce projet. En cliquant sur le dossier photo à droite de ce texte, vous pourrez voir les différentes étapes de cette réalisation. D'autres articles, traitant du même sujet,
figurent dans le site ami
www.terresetbois.net
Le façonnage par pinçage est très utilisé en modelage. Voir autres exemples dans
la galerie photo:
http://www.zimagez.com/galerie/Le-pincage-4013-0.php
Arlette Tournier-Maillard
Réédition d'un article d'Arlette Tournier-Maillard, paru dans
ceramiquefacile le 27-5-2006
et mal imprimé
Créer, tirer du néant, n'est pas chose facile. Chaque individu n'a pas les mêmes possibilités surtout quand un phénomène de blocage fait barrière à toute expression.
Il existe des exercices très prisés par Bernard Grassias (mon second maïtre sculpteur) qui permettent de se découvrir, de se révéler par le moi intérieur, vrai principe d'une naissance allant de l'obscurité à la lumière. Je vais essayer de vous faire partager ma première grande joie de "créativité".
Un soir, lasse de ne me
réveiller qu'en partant de copie, je décide de me prêter à une expérience dite : les yeux fermés. J'obéis à Bernard, je prends la moitié d'un pain de terre rouge chamottée. Lumière éteinte, yeux
fermés, je m'isole, m'efforçant de ne penser à rien tout en manipulant la glaise afin qu'elle devienne une boule parfaite, lisse, malléable à souhait, que je vais pouvoir plier à ma volonté. Il
me faut la "posséder" pleinement.
Je rentre dans
le jeu. Je pétris, je tapote, écrase, triture la matière qui s'assouplit sous mes doigts, je la sens docile, prête à tout. Elle s'arrondit mollement et elle est là, dans mes mains jointes, cette
"sacrée" boule...J'appelle le maître et yeux ouverts, satisfaite, je découvre une sphère presque parfaite.
"C'est bon, c'est bon", me dit-il, "referme les yeux, isole toi, oublie
tout, fais le vide, caresse-la doucement, il va se passer quelque chose, laisse faire tes doigts, ne pense à rien"
Sceptique mais docile. je caresse la boule lisse, tiède comme une chair vivante. Mes doigts pénètrent dans la glaise, creusent, pincent : forme curieuse au toucher !!!..
Je sens une transformation toujours yeux fermés, j'appelle le maître qui me dit : "continue, caresse, laisse faire tes doigts, ne réfléchis pas..."
Je continue donc, pénètrant dans les dédales des formes naissantes,
tantôt affinant, tantôt lissant.Il se passe effectivement quelque chose. des formes nouvelles naissent sous mes doigts. j'essaie de deviner ce qui se réalise peu à peu, ne comprenant pas, je
n'insiste pas. je laisse aller mes doigts, ils ont l'initiative, ils sont libres, je leur fais confiance.
Je caresse une dernière fois la matière, mes doigts s'arrêtent, satisfaits, jugeant sans doute d'eux mêmes qu'ils ont abouti à ce qu'ils voulaient.
J'ouvre les yeux, je regarde. Surprise, interloquée, je tourne autour de cette création baroque et un déclic se fait : je prends aussitôt un morceau de terre et m'empresse de créer les yeux
ouverts; je façonne jabot, tête. J'accroche les deux pièces; alors, cest l'émerveillement, j'assiste à la naissance de mon oiseau. J'en appelle à témoins. Bernard et les amis de l'atelier
accourent. C'est extraordinaire! formidable!!
La paix intérieure, la vie intérieure sont une grande richesse. Il faut
prendre conscience de leur pouvoir. Nous devons connaître les profondeurs de nous-mêmes. Le silence nous y conduit et c'est la découverte d'une nouvelle beauté..
Depuis, j'ai créé d'autres oeuvres, yeux fermés ou yeux ouverts, les idées fusent de toute part. Seul, le temps fait défaut.
(Extrait d'un article paru dans "Esquisse Association Artistique et Culturelle C.E.N Saclau - septembre 1988 - N°22)
Expérience incroyable, inoubliable, essayez, c'est fantastique!
Arlette Tournier-Maillard
céramiste dans l'Yonne