Ceramiquefacile...
Le blog des débutants en céramique
Le blog des débutants en céramique
Fable
|
|
* oeuf en raku nu blanc, design gravé noir. Hauteur 25 centimètres.
Intérieur cuivré.
Au centre, "souffrance"petite tête en faïence émaillée blanc satiné.

Photo the-five-elements.com
Horsehair Charles et Linda Riggs
Comme toutes les techniques alternatives, le Horsehair est facile en théorie et très complexe en réalité.
Simplement parce qu'il faut trouver par tâtonnement le moment où VOTRE pièce sera à la température idéale pour accueillir vos crins.
Prets à essayer? Partez!!!
1. Recouvrez votre pièce à consistance du cuir d'un engobe en terre de coulage porcelanique. Lissez soigneusement. Biscuitez.
2. Enfournez votre pièce pour une cuisson en four raku.
3. Placez une tournette près de votre four , sur un tabouret ou une table métallique. l'ensemble devant être bien stable. Posez un morceau de plaque isolante ou deux briques réfractaires
sur la tournette, pour maintenir la pièce à température le plus longtemps possible à la sortie du four.
4. Faites vos premiers essais entre 820 et 920°, en notant soigneusement les résultats que vous obtenez. Sortez la pièce avec des pinces et posez-la sur la tournette. Vous avez environ une minute
pour travailler avec les crins de cheval.
5. Pour former une ligne droite ou courbe, déposez un crin
de queue de cheval sur la pièce, en le tenant à chaque extrémité, légèrement tendu. Pour former une ligne sinueuse, tenez-le par une seule extrêmité, sans le tendre et laissez-le se poser à la
surface.

Photo echovalleypottery.com
Si le crin brûle en laissant une trace de carbone noir à la surface, vous êtes à la bonne température: vous avez encore quelques secondes pour poser d'autres crins ou, à votre choix, un autre combustible (fleur, plume, feuille
etc). Ne compliquez pas votre motif, restez sobre.
6. déposez quelques morceaux de papier journal déchiré et enflammé, ou des lambeaux de mouchoir en papier à l'intérieur de la pièce, afin de
lui permettre de noircir.
7. Laissez refroidir sur place
8. Nettoyer avec un tissu ne risquant pas de rayer la surface.
Simple, amusant, original.
Oui mais...
- Si votre crin ne laisse pas de marque, il faut changer la température et faire de nouveaux essais. Stressant.
- Si vous n'êtes pas assez rapide, votre pièce refroidit et vous n'avez qu'une seule empreinte. Frustrant...
- Comme toutes les pièces "basse température", le Horsehair n'est pas étanche
naturellement. Il faut traiter l'intérieur avec un produit spécifique. Contraignant...
Malgré toutes ces restrictions, ne vous privez pas d'essayer. Vous vous amuserez vraiment et si vous réussissez une pièce, vous aurez en outre l'impression
d'être au sommet de la créativité.

Photo: larsonclayworks.com
photo www.brucejohnsonclaystudio.com
Certains classent le "Horsehair" comme une variante du raku, d'autres y sont totalement opposés.
En fait, le Horsehair n'a rien à voir avec le Japon , mais il se pratique de nos jours, le plus souvent, avec un four raku, d'où l'amalgame.
Nous mêmes le citons ici, dans des archives raku. Mais il fait plus particulièrement partie, à notre avis, des techniques dites "alternatives".
Mais trêve de discussions..Qu'est-ce que le Horsehair?
1.Origines
La tradition veut que le Horsehair soit né dans un village de potiers "Native American", Acoma Pueblo.
Une potière aurait effleuré un pot incandescent de sa longue chevelure et y aurait laissé une trace de carbone..D'où l'idée d'utiliser des matières
organiques - particulièrement des crins de chevaux- pour décorer à chaud pots et vases.
Le Horsehair traditionnel est encore pratiqué par les Navajos de l'Arizona.
Certaines de leurs pièces gravées sont superbes, mais il est bon parfois de
demander un certificat d'authenticité!
2. Le Horsehair moderne
Comme les occidentaux avaient emprunté aux japonais la technique du raku, certains artistes, en
général américains, se sont appropriés le Horsehair pour réaliser des oeuvres très modernes, souvent minimalistes, d'une rare beauté.
(à suivre)
Charles Riggs
Hérité des Amérindiens, le Horsehair est une technique qui
utilise des crins de chevaux pour décorer à chaud les pièces de poterie. Nous reviendrons plus en détail sur cette technique dans un prochain article.
Les potiers contemporains ne sont pas restés insensibles au Horsehair. Ils ont emprunté les gestes de base en donnant au style une empreinte personnelle
: plus de vase traditionnel, mais des formes résolument modernes sur lesquelles les lignes minimalistes du crin calciné créent des tableaux étonnamment épurés. Certains réalisent le
Horsehair sur terre blanche, d'autres teintent la pièce grâce à une pulvérisation de chlorure ferrique - une technique dangereuse qui exige de très nombreuses
précautions mais donne des surfaces satinées dorées superbes.
Nous avons choisi d'illustrer cet article avec des oeuvres de Charles et Linda Riggs. Charles Riggs possède une licence de
céramique et est membre du centre Laloba ranch Clay School dans le Colorado. Ses expositions à travers les USA et le canada sont recherchées, ainsi que les stages qu'il organise avec son épouse
Linda Riggs, sur les techniques du saggar, du pitfiring (cuisson en fosse) et du horsehair. Linda collabore à de
nombreuses revues techniques et à des ouvrages spécialisés dans les "techniques alternatives". Il n'est pas impossible que ces vedettes fassent une tournée en Europe en 2009 ou
2010....Et pourquoi pas en France?
http://www.cclay.com/criggs/
|
Horsehair avec |
|
(première parution de l'article: décembre 2006)
oeuvre de Joann Cassady (imakepots.com)
De nombreux sites en français vous parleront de cette technique. Notre vocation étant de vous faire rencontrer des potiers étrangers, nous vous invitons à visiter le site de Joann Cassady, une artiste californienne qui pratique également les techniques du pitfire, sur lesquelles nous reviendrons ultérieurement. Joann adore la terra sigilatta et en parle avec enthousiame. Nous avons traduit avec son accord quelques passages de son texte pour ceux qui ne pratiquent pas l'anglais.
La terre sigillée -du latin sigillum, sceau- est un engobe
composé uniquement des plus fines particules de l'argile. On le fabrique en ajoutant de l'argile à de l'eau, avec une petite quantité de
défloculant qui conduit les particules les plus fines de l'argile à rester en suspension dans l'eau, tandis que les particules plus lourdes tombent au fond. Après 24 heures, les particules fines
sont siphonnées, et le reste jeté. Cet engobe de terre sigillée est pulvérisé ou appliqué au pinceau sur la pièce, puis la surface est légèrement estompée aux doigts ou polie avec un
instrument : cette opération conduit les particules d'argile à s'aligner, créant alors une surface naturellement lustrée beaucoup plus séduisante que l'aspect froid et
brillant d'un émail.
"Historiquement, la terre sigillée a été utilisée pour les sceaux, mais aussi comme couverte décorative de nombreuses
poteries. Citons à titre d'exemple les vases rouges et noirs de l'époque romaine et la poterie primitive des "Native American"
"L'aspect lustré d'une poterie non émaillée m'a toujours attirée [...]. Cependant, contrairement à une pièce émaillée, la surface des poteries sigillées peut se révéler fragile. On doit manipuler ces pièces délicatement. Après chaque cuisson, je passe une fine couche de cire d'abeille et d'huile sur mes pots afin de protéger la surface. Un entretien régulier assurera ensuite la pérennité de leur éclat."
Joann
Cassady - www.imakepots.com
Les oeuvres reproduites sont de Joann cassady, que nous
remercions.