Ceramiquefacile...
Le blog des débutants en céramique
Le blog des débutants en céramique
Charles Riggs
Hérité des Amérindiens, le Horsehair est une technique qui
utilise des crins de chevaux pour décorer à chaud les pièces de poterie. Nous reviendrons plus en détail sur cette technique dans un prochain article.
Les potiers contemporains ne sont pas restés insensibles au Horsehair. Ils ont emprunté les gestes de base en donnant au style une empreinte personnelle
: plus de vase traditionnel, mais des formes résolument modernes sur lesquelles les lignes minimalistes du crin calciné créent des tableaux étonnamment épurés. Certains réalisent le
Horsehair sur terre blanche, d'autres teintent la pièce grâce à une pulvérisation de chlorure ferrique - une technique dangereuse qui exige de très nombreuses
précautions mais donne des surfaces satinées dorées superbes.
Nous avons choisi d'illustrer cet article avec des oeuvres de Charles et Linda Riggs. Charles Riggs possède une licence de
céramique et est membre du centre Laloba ranch Clay School dans le Colorado. Ses expositions à travers les USA et le canada sont recherchées, ainsi que les stages qu'il organise avec son épouse
Linda Riggs, sur les techniques du saggar, du pitfiring (cuisson en fosse) et du horsehair. Linda collabore à de
nombreuses revues techniques et à des ouvrages spécialisés dans les "techniques alternatives". Il n'est pas impossible que ces vedettes fassent une tournée en Europe en 2009 ou
2010....Et pourquoi pas en France?
http://www.cclay.com/criggs/
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Horsehair avec |
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(première parution de l'article: décembre 2006)
oeuvre de Joann Cassady (imakepots.com)
De nombreux sites en français vous parleront de cette technique. Notre vocation étant de vous faire rencontrer des potiers étrangers, nous vous invitons à visiter le site de Joann Cassady, une artiste californienne qui pratique également les techniques du pitfire, sur lesquelles nous reviendrons ultérieurement. Joann adore la terra sigilatta et en parle avec enthousiame. Nous avons traduit avec son accord quelques passages de son texte pour ceux qui ne pratiquent pas l'anglais.
La terre sigillée -du latin sigillum, sceau- est un engobe
composé uniquement des plus fines particules de l'argile. On le fabrique en ajoutant de l'argile à de l'eau, avec une petite quantité de
défloculant qui conduit les particules les plus fines de l'argile à rester en suspension dans l'eau, tandis que les particules plus lourdes tombent au fond. Après 24 heures, les particules fines
sont siphonnées, et le reste jeté. Cet engobe de terre sigillée est pulvérisé ou appliqué au pinceau sur la pièce, puis la surface est légèrement estompée aux doigts ou polie avec un
instrument : cette opération conduit les particules d'argile à s'aligner, créant alors une surface naturellement lustrée beaucoup plus séduisante que l'aspect froid et
brillant d'un émail.
"Historiquement, la terre sigillée a été utilisée pour les sceaux, mais aussi comme couverte décorative de nombreuses
poteries. Citons à titre d'exemple les vases rouges et noirs de l'époque romaine et la poterie primitive des "Native American"
"L'aspect lustré d'une poterie non émaillée m'a toujours attirée [...]. Cependant, contrairement à une pièce émaillée, la surface des poteries sigillées peut se révéler fragile. On doit manipuler ces pièces délicatement. Après chaque cuisson, je passe une fine couche de cire d'abeille et d'huile sur mes pots afin de protéger la surface. Un entretien régulier assurera ensuite la pérennité de leur éclat."
Joann
Cassady - www.imakepots.com
Les oeuvres reproduites sont de Joann cassady, que nous
remercions.
(première parution de l'article en novembre 2006)
petit vase émaillé vert et raku "nu"
Tralalalalire....
Bien que fascinée
par la technique du raku nu, j'avais remis "à plus tard" la réalisation de cette entreprise, qui me paraissait vraiment aléatoire. Or un jour, au fond du jardin, après un enfumage raku, je
commençai à asperger d'eau un petit vase normalement émaillé vert, lorsque survint un phénomène extraordinaire : l'émail se mit à craquer comme une peau de serpent en mue, la pièce me sembla
bouger et je m'exclamai:
-Le petit vase est cassé!!!!
Je me penchai pour constater l'ampleur des dégats et aperçus soudain mon vase, intact, d'un blanc pur veiné de noir, au milieu de débris d'émail.
Nous nous reconnûmes sur le champ et je criai littéralement:
-
"C'est un raku nu!!!"
Par la suite, j'ai beaucoup cherché pourquoi ce vase s'était transformé en raku "nu", alors qu'il ne présentait aucune des caractéristiques requises. Avais-je trop lissé ma pièce? L'émail choisi
était-il passé trop fin? La température avait-elle été trop basse??? Et puis je me suis dit que cela n'avait pas d'importance, que l'essentiel était de recommencer. J'ai recommencé. Encore et
encore.
Stop.
Vous avez déjà compris qu'il sera beaucoup question de raku "nu" sur ce site!
Le naked raku (archives de décembre 2006)
oeuvre de Wally Asselberghs
Une telle recherche nécessite généralement un long cheminement mais la rencontre finale avec le raku nu est inoubliable. L' engobe et l'émail s'écaillent spontanément au contact de l'eau, et la pièce "nue" apparait, semblable à du marbre. On n'oublie jamais cette expérience.
Il existe peu de documentation en langue française sur le raku
"nu", mais plusieurs ouvrages ont été publiés en langue anglaise sur le sujet. Nous y reviendrons prochainement dans un article consacré aux livres. Restent les stages, assez nombreux en
France, et, pour ceux que l'anglo-américain technique ne rebute pas, le forum international créé par le belge Wally Asselberghs
/http://groups.yahoo.com/group/nakedraku
On y parle de naked raku, et de naked raku seulement.
Les passionnés adorent.
Le raku est une technique mixte. Elle se caractérise par :
- l'utilisation de terre à raku ou de la terre à grès
- une cuisson basse température
-un enfumage après cuisson.
Le raku est une technique d'émaillage. Il se fait donc sur un biscuit cuit aux alentours de 980° quelle que soit la terre utilisée (même une terre à grès ).
Pour que le raku développe de belles craquelures, il est conseillé d'acheter dans un premier temps des émaux raku. Vous pourrez par la suite utiliser n'importe quel émail faïence, après avoir fait des essais, ou encore réaliser des variantes personnelles à partir d'une base à laquelle vous ajouterez des oxydes métalliques.
EMAILLAGE DE LA PIECE
Posez l'émail au pinceau ou au pistolet (voir article dans la rubrique emaillage ). Ne touchez pas les parties que vous voulez laisser noires. Laissez sécher l'émail et pendant ce temps, préparez votre cuisson raku
PREPARATION DE LA CUISSON
- Vérifiez si votre bouteille de gaz contient suffisamment de combustible pour ne pas tomber en panne au milieu de la cuisson.
- Préparez le matériel à proximité du four : sonde et thermomètre, gants spéciaux, pinces à raku, allumettes. Une petite table de jardin convient très bien, puisque les cuissons raku ont toujours lieu à l'extérieur.
- Disposez des bassines ou des lessiveuses à proximité pour réaliser l'enfumage. Certains potiers traitent plusieurs pièces dans un même récipient,
d'autre adoptent la formule "un objet = un récipient". L'usage vous aidera dans votre choix (nous préferons personnellement la seconde formule,
lorsque les pièces sont grandes ). Au fond du récipient sec, disposez un peu de sciure de bois, de copeaux ou de paille et faites une sorte de petit nid.
CUISSON
En une trentaine de minutes, parfois un
peu plus, vous aurez atteint une température de 970/980°. Il sera temps d'arrêter la cuisson. Essayez. Si vous utilisez un four portable, retirez le haut du four, placez vos pièces sur la sole (que vous aurez
protégée avec un produit adéquat ) en les surélevant sur des mini supports réfractaires. Fermez et placez la sonde dans le four en ne l'enfonçant pas plus qu'à mi longueur.. Faites
démarrer le thermomètre et lancez la cuisson.
N'oubliez pas de
prendre l'habitude de surveiller l'apparence de la pièce en jetant un regard prudent par le trou central du couvercle, que vous ne devez pas obstruer. Attention, c'est très
chaud.
Une fois la température atteinte,arrêtez le gaz, fermez la bouteille, soulevez à deux le haut du four et déplacez le sur un panneau métallique ou des briques réfractaires. Vos pièces incandescentes apparaissent.
Saisissez les une à une avec les pinces, posez-les au sol sur des briques, puis après quelques secondes, placez les dans la bassine (toujours avec les pinces ) .
ENFUMAGE
La pièce fait s'enflammer
le combustible que vous avez préparé. Laissez des flammes quelques secondes, puis ajoutez un peu de sciure sèche puis fermez les récipients pour enfumer les
pièces.
CHOC THERMIQUE
Après un quart d'heure environ, sortez vos pièces et faites-leur subir un choc thermique en les plongeant dans de l'eau froide ou en vaporisant de l'eau froide à leur surface si elles vous semblent fragiles.
Attention aux pièces presque fermées, leur immersion dans l'eau froide demande des précautions.
Une fois refroidies, les pièces sont nettoyées au tampon vert.